Pour en savoir plus – Les notes de Brassens par Michel Sadanowsky et Max Boyer chante Gaston Couté

Michel Sadanowsky

Michel Sadanowsky commence l’étude du violon à sept ans puis s’intéresse parallèlement à la guitare. A  Paris, il travaille avec Turibio Santos et Oscar Caceres, et obtient en 1976 une Maîtrise de l’Université Musicale Internationale de Paris. Il remporte en 1979 le premier prix du Concours International de Guitare de Paris (Radio-France) et joue depuis dans le monde entier, dans les plus grands festivals, d’Europe mais aussi de Buenos-Aires, Sydney, Tokyo, etc. Il dirige depuis plus de vingt ans un stage international de guitare, dans lequel il a ouvert des cours de flamenco (chant, danse, et guitare).

Ses passages dans les festivals dédiés à Brassens tels que Foulayronnes, Charavines, les Journées Brassens de Paris au Parc Brassens ou le gala de la Grande Comédie ont permis de rappeler à un public curieux puis conquis et demandeur, l’étonnante faculté de la musique de Brassens à s’adapter à des styles musicaux très différents comme le flamenco, le baroque, le classique, le jazz, l’arabo-andalou, la samba , etc. Les variations de Michel Sadanowsky étonnent par leur virtuosité et la profondeur de son inspiration. Découvrez ses compositions sur les chansons de l’ami Georges dans son dernier CD… en attendant le prochain qui lui sera encore dédié! Considéré par le musicien comme un excellent compositeur, aux mélodies superbes soutenues par des harmonies riches, constitutives d’une mémoire collective qui ne faiblit pas, Brassens reçoit ici un hommage à sa musique, complément indispensable et fondateur de son univers.

 Ils ont dit, et …. non des moindres :

Bruno Granier (chanteur et guitariste)

C’est exceptionnel de talent, dans le jeu, l’interprétation, et dans les arrangements. Tout y est. L’ensemble de ces variations sur ces thèmes de Georges me rappellent le temps lointain où j’étudiais la guitare classique au Conservatoire de Sète. Je retrouve Bach, Villa Lobos, les trémolos, Tarrega, Albéniz , Lauro, etc.

Ce sont des arrangements de très haute volée. Chapeau Monsieur ! Nul doute que de là-haut, le père Brassens peut prendre sa revanche sur « ces fameux connards » (selon ses propres paroles) aux oreilles de lavabo(dixit René Fallet) quand on voit ou plutôt lorsqu’on écoute attentivement ce que des musiciens de la trempe d’un Michel Sadanowsky font de ses « petites » musiques..

Joël Favreau (le guitariste de Brassens)

J’ai pris le temps de l’écouter l’album de M.Sadanowsky calmement et je suis très impressionné par cette démonstration. C’était loin d’être évident de trouver autant de variations subtiles. Admirativement.

Raul Maldonado (compositeur et guitariste)

Je savais pertinemment, en m’asseyant pour écouter ce cd, que je pouvais m’abandonner au plaisir de l’écoute sans réticences. Tout y est : virtuosité hallucinante, fantaisie débordante, union totale de l’homme et de sa guitare, les notes coulent avec l’impétuosité propre aux gens qui aiment la vie à l’excès. Voici un grand. Tantôt espiègle, tantôt romantique, tantôt flamenca, la guitare de Michel Sadanowsky nous promène dans une aventure musico-spirituelle de haut vol. Sécurité technique incomparable, choix d’un répertoire de haute qualité, arrangements de main de maître, tout y est à la fin pour nous faire passer un moment de rêve à l’écoute de ce magnifique cd. Bravo, Maître et très bonne continuation !

Pierre Schüller

et on ne résiste pas à l’envie de le citer «  s’il se trouvait encore des oreilles de lavabo, comme les qualifiait René Fallet, pour penser que Brassens c’est toujours le même air, nous leur conseillons d’écouter l’album de Michel Sadanowsky, guitariste de grande classe… »

Gaston Couté, « Un gâs qu’a mal tourné »

Gaston Couté, poète libertaire, disait ses textes dans les cabarets de Montmartre, début des années 1900.  Sans caricature misérabiliste ou grotesque, il  dressait des portraits sincères et authentiques des laissés pour -compte du monde paysan et ouvrier. En un raccourci  rapide, on peut aussi le situer entre Villon et Brassens. Couté est mort en 1911 à 31 ans. Ses poésies ont été publiées sous le titre « La chanson d’un gâs qu’a mal tourné ». Son  œuvre nous plonge dans un univers de révolte, d’ironie et de fantaisie dans une savoureuse écriture poétique de grand talent et ses textes restent d’une incroyable actualité.

Quelle détermination et quelle audace a-t-il fallu au jeune Couté de 17 ans, pour quitter sa Beauce natale un jour d’octobre 1898 et s’installer à Montmartre avec seulement quatre sous et quelques textes en poche ! Il connaît vite une certaine notoriété dans les cabarets où il dit ses textes et chansons que la réalité quotidienne et l’actualité lui dictent.

Il est la voix des sans-voix, un des rares auteurs à donner la parole aux laissés-pour-compte, à tous ceux que la littérature oublie quand elle ne les méprise pas, avec des portraits sincères, authentiques, qui évitent soigneusement toute caricature misérabiliste, voire grotesque, du monde paysan et ouvrier.  Pendant quelques années Couté vit correctement de ses textes et prête régulièrement son concours aux soirées et meetings révolutionnaires. Cependant, vers 1905, les tensions sociales s’accentuent rapidement, des grèves dures éclatent et la censure finit par fermer certains cabarets jugés subversifs. Couté, qui ne fait aucune concession,  est interdit dans beaucoup de lieux et perd ses  moyens d’existence. Il tombe alors dans une grande précarité que l’absinthe ne résoudra pas. En juin 1911, Couté monte une dernière fois le chemin de la butte, à bout de souffle et tel une comète dans l’univers poétique il meurt à 31 ans en laissant plus de 150 textes regroupés sous le titre :  .

Extrait site : http://gastoncoute.free.fr/index.htm

L’HOMMAGE DE LA CHANSON AUX OBSEQUES DE GASTON COUTE
(Discours prononcé par Xavier Privas,le 30 juin 1911) .

Homme tu es un pendule oscillant
Entre une larme et un sourire ?
Cette belle pensée de Lord Byron s’offre à ma mémoire, à l’heure où je viens, au nom de la Chanson et de ses adeptes, saluer la dépouille d’un poète de talent considérable, de caractère indépendant et de cœur généreux.
N’est-ce pas le sourire aux lèvres et le couplet joyeux à l’esprit, que le paysan philosophe que nous pleurons a fustigé l’hypocrisie sociale et cinglé le vice humain ?
Poète rustique, ce  » Mistral de la Beauce » comme l’appellent ses admirateurs et ses amis, a chanté la splendeur de la nature, célébré la vie dans toutes nos joies et prêché l’amour. La terre natale, en mère jalouse, réclame aujourd’hui ce déraciné dont Paris, la ville tentaculaire, a brisé le corps, mais n’a pu atteindre l’âme.
 » La misère, les privations, a écrit George Sand, le travail ou l’oisiveté forcés, également destructifs pour la jeunesse; un climat malsain, des conditions d’existence déplorables, c’en est bien assez pour ruiner la sève la plus généreuse !  »
Eh bien! dans ce milieu déprimant, dans cette atmosphère funeste, la sève poétique, puissante et saine de Gaston Couté n’a jamais été amoindrie dans sa force, dans sa fraîcheur, dans sa pureté !
Son œuvre colorée, imagée et originale défendra son nom contre l’oubli des hommes, et quand renaîtront les saisons fleuries, les belles filles et les joyeux gâs de sa terre beauceronne rediront dans leurs promenades du soir, « sous les étoiles qui brillent, parmi la plaine aux récoltes où les moulins virevoltent « , la chanson gracieuse du Beau Cœur de Mai et la cantilène mélodieuse des Mains Blanches.
Et les pauvres diables de la ville, les humbles, les opprimés, tous les parias qu’il a défendus avec tant de courage et de fermeté puiseront dans ses vers l’énergie nécessaire à la lutte pour cette vie misérable, que le grand Shakespeare définit par ces mots :
 » Demain et demain et demain, c’est ainsi que, de jour en jour, à petits pas, nous nous glissons jusqu’à la dernière syllabe du temps inscrit sur le livre de nos destins, et tous nos hiers n’ont été que des fous qui nous ont ouvert la route vers la poussière et la mort. La vie, ce n’est qu’une ombre qui marche, un pauvre comédien qui gambade et s’agite sur le théâtre pendant l’heure qui lui est accordée, et dont on n’entend plus parler ensuite ; c’est un conte plein de tapage et de fureur et qui ne signifie rien.  »
Ce conte est terminé pour toi, pauvre petit gâs de la Beauce ! Va reposer en paix auprès des tiens.
Nous garderons pieusement ton souvenir, car les poètes qui meurent jeunes sont non seulement aimés des Dieux, mais aussi des hommes !

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