« Ces chansons qui sont nées quelque part »

Annick Roux et Yves Uzureau

10  novembre 2017

Nous l’avions annoncé, ce fut bien une « grande soirée Brassens » ce vendredi 10  novembre 2017. Michel Arbatz, terminait la veille l’évocation de Brassens au moment où le Sétois trouvait, enfin, son public.  Les amis du festival, revenus  le lendemain –et en très grand nombre, nous avons même dû refuser du monde salle Brassens- n’ont pas caché leur émotion en  découvrant  que « Ces chansons qui sont nées quelque part »  étaient  comme une suite, une nouvelle page qui raconte cette fois ci, le succès, après la rencontre déterminante avec   Patachou

Le spectacle donné par Annick Roux et Yves Uzureau a été créé par Jean-Paul Liégeois à partir du « Journal et autres Carnets inédits de Georges Brassens [i]», dont il a coordonné la publication  (au Cherche Midi 2007).  Georges Brassens a parfois fait allusion à un carnet dans lequel il notait tout ce qui lui passait par la tête. Ce carnet – en fait un cahier d’écolier- est un « Journal » tenu par Brassens de 1963 à 1981, année de sa mort à Saint-Gély-du-Fesc. Journal atypique et hétéroclite : les événements intimes y voisinent avec des aphorismes ou des ébauches de chansons. Et pas n’importe quelles ébauches ! C’est dans ces pages à petits carreaux que l’on voit surgir « Mourir pour des idées », « Cupidon s’en fout », « Les quat’z’arts », « Le pluriel », « La ballade des gens qui sont nés quelque part »,…au total, 41 chansons.

Dans ses notes, Georges Brassens est égal à lui-même, constant dans ses convictions et sa manière d’être : libertaire et tolérant, truculent et discret, lucide et courageux.
Faut-il encore mettre les points sur les i ? Georges Brassens n’hésite pas à le faire dans son « Journal « : « Quand on écoute mes chansons avec une oreille un peu fine, on entend que je ne suis pas du côté de la guillotine, de la loi, du côté de l’armée, du côté de l’exploitation de l’homme et de la femme qu’on force à se prostituer, du côté de la religion, du côté du profit, du côté du béton et des grands ensembles » et d’ajouter :  « Tout cela, je l’ai quand même écrit noir sur blanc ! « .

Annick Roux a lu le journal par-dessus l’épaule de Brassens, dit-elle. Avec Yves Uzureau, tour à tour ou ensemble, ils interprètent les chansons qui surgissent de cette lecture.

On s’en rappellera de l’éclatante et amusante interprétation par Yvez Uzureau de  « Misogynie à part » : «  le sage avait raison…. très nettement au-dessus du panier, Y’a les emmerderesses. Emmerdante, emmerdeuse, emmerderesse  itou… ». En plein débat sur l’écriture inclusive…en voilà une solution pour mettre un point final à la problématique. On avait trouvé un féminin explicite. Le rédacteur va encore se faire des copin-ine-s auprès des adhérent-e-s  et spectateur-trice-s !!

Christian Mela cite « Un jour de mai 1966, par exemple, sur une feuille à petits carreaux du Journal, Brassens a posé ces mots : Parlez-moi d’amour, je vous fous mon poing sur la gueule ! On connaît la suite : ce vers deviendra le leitmotiv de la chanson : Sauf le respect que je vous dois ».

Plus loin Christian Méla écrit: «  Émotion, sincérité, intelligence, humour, qualité. Émotion dégagée par les deux artistes talentueux et si complémentaires…Intelligence des textes, des arrangements musicaux, d’Annick Roux qui nous offre une lecture très plaisante et agréable. Intelligence, enfin de Yves Uzureau qui sait s’approprier avec bonheur les vers du Sétois »

Cette grande soirée commença donc par un rendez-vous avec un  Brassens comme on ne l’a jamais donné à entendre et à voir. A la sortie, bon nombre de personnes ont remercié en déclarant avoir rencontré ce soir des chansons de Brassens jamais entendues, rarement programmées ou des « inédites » comme dirait tout  brassensologue averti.

La programmation pour le festival 2018  prendrait-elle déjà son bonhomme de chemin !

« C’est un spectacle tellement complet et beau que le silence qui suit est encore du Brassens » (Revue Les amis de Georges).

Yves Uzureau - Ces chansons qui sont nées quelque part

 

Yves Uzureau, premier prix du cours Simon, est comédien, metteur en scène, auteur compositeur interprète, mais aussi écrivain et enseignant (guitare et théâtre). Loin de toute servile imitation, sans fausse moustache et sans pipe, il révèle Brassens dans toutes ses subtiles harmonies textuelles et musicales, et nous l’offre sur un plateau de … théâtre !

« … un spectacle complet … qui mêle chansons et textes et qui nous fait connaître Brassens de l’intérieur » (Auprès de son arbre).

 « C’est un spectacle tellement complet et beau que le silence qui suit est encore du Brassens » (Revue Les amis de Georges).

 

[1] En librairie ou sur http://www.aupresdesonarbre.com/livre/li0921.htm .Le DVD « Ces chansons qui sont nées quelque part » qui reprend l’intégralité de ce spectacle, est disponible uniquement sur: http://www.aupresdesonarbre.com/dvd/dvd0055.htm

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